14/04/2016

Partir seule, est-ce bien raisonnable ? 2/2

Malgré tout, cette vision idyllique n’empêche pas d’avoir des peurs, et d’y être confronté à un moment ou à un autre. Alors pourquoi ne pas en faire un petit inventaire avant de partir et oser se le dire, en parler. De quoi ai-je peur ?


Ce n’est pas un hasard cette peur, elle vient me dire quelque chose sur moi, sur mon histoire personnelle. Chaque peur m’apprend à connaître une partie différente de moi. Nommer une peur c’est déjà l’apprivoiser plutôt que la combattre, chercher et comprendre son origine, se souvenir d’une histoire de sa vie et commencer à en guérir. Car à chaque fois que je croise un chien en liberté qui me court après, ou un chemin qui passe en pleine forêt je suis confrontée à ma peur. La seule solution qui s’impose à moi est de l’accueillir, de l’accepter, l’écouter, la traverser et continuer le chemin pas après pas. A chaque fois, c’est alors une sorte de victoire sur moi.

Pour ne citer que quelques peurs :

Peur de la solitude : oblige à s’écouter soi-même, ses émotions, qu’est ce qui se passe là à l’intérieur, comment je réagis devant l’imprévu, devant l’effort, ce que nous n’avons peut-être pas ou plus l’habitude de faire dans notre quotidien rempli d’activités multiples.

Peur d’être agressée, de faire une mauvaise rencontre, un animal, peur d’être seule en forêt : oblige à être présente à moi-même, ancrée, certaine d’être à la bonne place, au bon moment.

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Peur de me perdre, de ne pas trouver de place dans un gîte, manquer de nourriture, d’eau : oblige à demander, à communiquer, à frapper aux portes, à avoir besoin des autres.

Peur de l’accident, tomber, glisser, se faire une entorse, une mauvaise chute : oblige à regarder ou je mets les pieds, faire attention, être présente à l’ici et maintenant, à écouter mon corps afin d’adapter mon rythme à ses capacités.

 

P1020489.JPGSachez que le cerveau ne fait pas la différence entre une peur réelle ou imaginaire, c'est-à-dire que le corps est impacté de la même manière à la vue réelle d’un chien méchant qui aboie sur notre passage ou à l’imagination de la même scène, assis sur une chaise.

Cette vision est même plus pernicieuse car elle n’a pas de fin, puisque toujours en action dans l’imaginaire. Elle maintient alors le corps et l’esprit dans la même angoisse, sentiment d’oppression, boule au ventre, cœur qui palpite, tension musculaire…

Il n’y a alors qu’un pas pour rester chez soi et reporter une fois de plus le départ !

 

 

On peut alors prévoir d’emmener pleins d'objets divers afin de faire face à chaque peur :

Un couteau, une bombe lacrymogène toujours à portée de mains sinon c’est bien inutile,
De la nourriture et de l’eau en avance, au cas ou,
Une grosse pharmacie avec tout dedans au cas ou,
Un GPS pour ne pas se perdre au cas ou,
Un bon roman contre l’ennui ...

Et c’est comme ça qu’on se retrouve à porter toutes ces peurs …. avec un sac en bandoulière, un sac à dos chargé de tous ces « au cas ou » au final bien trop lourd à porter et qui nous dissuaderont bien évidemment de partir. Alors on ne part plus parce qu’on a peur mais parce que le sac est trop lourd !

Je peux vous dire qu’il suffit de commencer à marcher quelques heures sur le chemin pour voir toutes ces peurs fondre et disparaître une à une comme neige au soleil devant la réalité qui d’un coup vient faire taire notre mental si féru d’imagination. 

Nous oublions aussi bien souvent notre propre GPS intégré toujours disponible,
Les yeux pour regarder le chemin, chercher les signes, le balisage, ou nous posons les pieds, mais aussi pour apprécier une situation, un visage, une rencontre,
Les oreilles pour entendre les cloches d’un village, l’orage qui gronde, mais aussi pour être à l’écoute de son corps, des douleurs, tensions, émotions et savoir si je peux aller plus loin ou s’il vaut mieux m’arrêter là pour ce soir,
La parole pour partager, échanger, demander, remercier,
Et puis j’ajouterai le plus important peut-être, notre 6ème sens, mon intuition toujours là pour celui qui sait le solliciter et l’écouter.

 

Ne rien planifier, chaque jour amène sa solution
Vivre l’instant présent, ancré dans l’ici et maintenant
Accepter de ne pas tout contrôler et de lâcher prise
Avoir confiance en soi-même, en la vie et en son prochain,
Douter, se perdre, avoir peur font partis du chemin
Toujours reprendre le chemin là ou je l’ai laissé la veille
Me fier à mon intuition

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Conques

 

 

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Commentaires

Très intéressant.
Et vos images sont superbes!

Écrit par : hommelibre | 14/04/2016

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