10/05/2016

en direct du gite à Montcuq

Arrivée de Cahors après une grosse journée de marche d'environ 31 km, je m'installe au gite du Souleillou. Belle surprise que de retrouver Corinne, un visage connu. Nous nous sommes rencontrées samedi soir à la fête de village de Sauliac s/célé. Nous avions discuté brièvement et avant de partir elle m'avait donné le nom de ce gîte au cas ou cela corresponde avec mon itinéraire. Elle travaille ici. L'accueil des pèlerins dans l'après midi, le ménage et l'entretien du gîte et surtout répondre à toutes les demandes des randonneurs. Pas toujours facile. Grand merci à elle pour son ordinateur.

 

 


 

Lundi 9 mai

Le village de St Cirq Lapopie s'est vidé de tous les touristes après le week end du 8 Mai. Seule l'église est ouverte. Je rencontre trois cyclistes qui font le chemin à vélo et ils m'invitent boire un café.

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Le temps est gris, du vent et je sens la pluie arriver. Je dois prendre une partie du GR 36 afin de rejoindre Bach sur le GR 65 soit le chemin de Compostelle. Je ne sens pas du tout la même énergie. Personne et aucun signe de St Jacques. Je quitte St Cirq vers 11h pour Concots à 10 km. C'est triste, vide, les villages sont déserts. J'ai prévu de dormir à Bach sans conviction ce qui me laisse encore à une journée de marche de Cahors. Je pense très fort : au fond de moi : si je trouve une voiture pour Cahors je la prends. Je gagnerai ainsi une journée, reviendrai sur le Chemin, et prendrai le temps de visiter Cahors. Plus je marche et plus j'envisage cette solution sérieusement. Je visualise un genre de 4L break me transportant à Cahors. Le temps se couvre et les premières gouttes viennent à tomber. Je suis obligée de m'arrêter pour sortir mon coupe vent bien sûr rangé tout au fond du sac. Enfin j'arrive à Concots vers 13h pour trouver un village désert. Le seul café me ferme ses portes au nez ! près de l'Eglise, un ouvrier fait tourner une bétonneuse afin de rénover le parvis. Le moral vient vite à baisser dans ce cas là. Il pleut, personne en vue, café fermé et encore 10 km à faire sous la pluie pour atteindre le gîte.
J'avise l'escalier extérieur d'une maison qui est abrité. Je m'assois sur les marches et mange mon pique nique du jour : saucisson, cabécou, un yaourt. Je me motive pour chercher au fond du sac mon pantalon de Kway pour repartir. Deux chiens se promènent et je m'attends à ce qu'ils viennent renifler le saucisson.


Soudain ce qui était complètement improbable se produit.
Un ange apparaît à l'angle de la maison! 
Une jeune fille habillée d'une salopette, la tête recouverte de la capuche de son sweat me regarde et me dit :
"vous voulez venir boire un café à la maison ?". Je mets un moment à réaliser me demandant si je ne rêve pas.
Elle habite la maison derrière et m'a vue en allant chercher les chiens. Je remballe tout rapidement et la suis. Nous nous tutoyons facilement. Elle a besoin de parler et me raconte son histoire. Cette maison est celle d'une amie artisan sculpteur sur fer, absente pour le moment. Pauline garde les chiens pendant son absence.
Ne sachant quoi faire dans sa vie, bonne à l'école, elle fait un bac S puis arrive en licence de sciences neurologique. Elle sent que son avenir n'est pas là. Elle aimerait construire, faire de la charpente de façon traditionnelle. C'est une idée folle bien loin des circuits tous tracés de la fac. Après une longue réflexion et hésitation elle décide de suivre son idée et abandonne la fac. Commence alors une longue errance à droite et à gauche, rencontres d'amis dans le métier, envie de vivre en autosuffisance, près de la nature, loin des circuits de distribution classiques. Elle cherche des pistes. Je comprends qu'elle n'a pas forcément le soutien de ses parents. Elle est donc seule à suivre son intuition et à y croire. La dernière bonne nouvelles est que la Chambre de Métiers du Lot à mis en place une formation de charpente en apprentissage. Cela correspond parfaitement et elle devrait commencer dès septembre.

Je trouve son parcours vraiment courageux. Courageux de se libérer du schéma classique et de suivre son intuition. Je lui demande si par hasard elle ne va pas à Cahors cet après midi ? Elle me propose de m'emmener. Elle a son permis depuis peu et une voiture. Elle a tellement bénéficié du transport des autres que maintenant qu'elle a une voiture elle est contente de rendre la pareille.

Nous sortons et je monte dans une fourgonnette blanche pour Cahors !

 

 

 

 

 

20:26 Publié dans Air du temps, Compostelle | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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